Dine & Move

By Mandise
Running | Sport

Compte rendu de mon premier marathon (de Paris)

14 avril 2017

L’heure de mon tant attendu compte rendu du marathon de Paris, qui était aussi mon premier marathon, est arrivée [je ne m’attendais pas à ce que vous soyez si impatients de le lire, au point de me le demander…]. Attention, la lecture qui suit s’annonce très longue… Du coup, je vous ai mis des « titres » par paragraphe pour que vous puissiez sauter les passages qui ne vous intéresseraient potentiellement pas [même si selon moi, il faudrait que vous lisiez tout 🙂]

Une non-préparation

Avant de rentrer dans le détail de mon marathon, kilomètre par kilomètre, j’aimerais d’abord revenir sur ma « préparation ». Mi-janvier, me voilà motivée comme jamais avec mon plan d’entraînement réalisé par mon coach [merci Nono pour le temps que tu prends pour toujours nous préparer des entraînements bien adaptés à notre pratique et à nos objectifs]. Les premières semaines du plan d’entrainements se sont déroulées comme sur des roulettes, je kiffais [c’est bien connu, je kiffe suivre une prépa]… Eh puis, au cours de la 4ème semaine, durant ma sortie longue, je me suis tout bonnement blessée… Enfin, mon TFL a refait des siennes, et la douleur allait de la cuisse au genou droit. Sans parler de mes périostites qui me tiraient depuis le début de la préparation, mais auxquelles j’étais habituée. Après un rendez-vous chez mon kiné pour « soulager » mon TFL, il m’a clairement annoncé que si je souhaitais arriver jusqu’au marathon sans souffrir, il allait falloir que je lève un peu le pied sur les sorties, et certainement ralentir le rythme. Dès lors, à peine 4 semaines après le début de ma préparation et donc 6 semaines avant son terme, j’y ai mis un terme. C’était la fin de ma préparation… Et étrangement, je ne l’ai pas mal vécu. Pour être sincère avec vous, j’en avais tout simplement marre d’avoir toujours mal quelque part et étant donné que je n’avais jamais fait de vraie pause, je n’ai jamais vraiment laissé à mon corps, le temps de se réparer… Du coup, à partir de là, mes sorties running se sont vraiment faites plus rares, pour ne pas vous dire que j’ai couru 4 à 5 fois maximum avant le jour J… Forcément, j’avais peur de mon manque de préparation, j’ai même pensé abandonner l’idée de me présenter devant la ligne de départ, mais j’avais trop rêvé de ce jour pour lui dire au revoir prématurément… Alors, j’ai pris le risque d’y aller, sans préparation…

D’ailleurs, je n’avais pas de préparation physique, mais encore moins de préparation côté « alimentation ». Depuis le début, j’avais clairement dit que je ne changerai pas mon mode de vie pour le marathon. Courir un marathon ok, mais faire des sacrifices pendant des mois pour cela, non. J’ai trop longtemps fait des sacrifices, qui ont eu des répercussions sur ma santé, pour refaire ce type d’erreurs. Et puis, je n’avais tout simplement pas d’objectif de temps sur le marathon, alors je n’avais pas envie d’abandonner ma vie sociale pour un « non objectif ». Et de ce côté là, je n’ai vraiment aucun regret. J’aime suivre une préparation sportive mais alors, en ce qui concerne les préparations alimentaires, ça me rebute désormais. Je veux manger et boire ce que je veux, quand je veux. Et étrangement, c’est avec cette logique que je mange le plus sainement [et oui, sans restriction, le corps réclame bien moins que lorsqu’il est en privation…]. Bref, ce n’est pas le sujet ici…

Moi, stressée ? Jamais ! 

Quand on me connaît [ce qui est difficile à ressentir à travers les réseaux sociaux si je ne le dis pas], je suis une grande stressée et ça affecte très facilement mon quotidien. Étant donné mon manque de préparation, les réseaux sociaux, et principalement Instagram, ont commencé à me donner des boutons. Bah oui, c’était pas facile d’être blessée et privée de sport avant un marathon, mais alors quand en plus je lisais les préparations parfaites des personnes sur Instagram, je me disais que j’étais totalement cinglée d’y aller… Mais comme je vous l’ai dit plus haut, je n’avais tout simplement pas pour objectif d’abandonner [petite fierté bien ou mal placée, je ne saurais vous dire…], alors j’ai préféré couper les ponts avec mon compte Instagram. Ça m’a permis de souffler, de faire mes trucs dans mon coin, sans les partager avec vous [et ça fait du bien aussi parfois, de faire du sport sans le partager, de ne rien faire sans se justifier, de vivre sa vie sans la montrer…], de me relaxer et de me sentir mieux. Comme ça, je suis arrivée jusqu’à la semaine avant le marathon, plus sereine, sans vraiment me rendre compte que la date était si proche… C’est seulement à J-5 du marathon que le stress est venu regagner mon esprit. 4 de mes collègues s’alignaient également sur la ligne de départ et on a commencé à en discuter tous les jours… Alors forcément, je ne pouvais qu’y penser de jour comme de nuit. J’ai dû rêver de mon marathon 4 nuits durant [et je peux vous dire que je n’ai pas vécu le véritable scénario, autrement je l’aurais peut-être fui ^^]. Et finalement, aussi étrange que cela puisse paraître, plus le jour J approchait, moins j’étais stressée, jusqu’à être totalement détendue la veille du marathon. Tellement détendue que je n’ai pas pensé à me reposer, que je me suis levée à 6h du matin, après une nuit de 4h, que j’ai marché de 7h à 20h non stop, que j’ai sauté le déjeuner… Bref, je n’ai pas fait les choses aussi bien que je l’aurais dû à J-1… Mais j’ai tellement kiffé ma journée durant laquelle j’ai pu rencontrer des Instagrammeuses, discuter avec elles, rigoler… J’ai pris le temps d’aller au Salon du running, de m’y promener, de discuter avec certaines marques, de me renseigner sur les potentiels prochaines courses que je pourrais faire, de faire des petits achats « running ». Bref, une journée parfaite, si on oublie le fait que je courrais un marathon le lendemain ! 😀

Et le jour J arriva…

Allez, je vous ai assez embêté avec l’avant-marathon [qui est aussi important que le pendant à mes yeux], je vais entrer dans le vif du sujet. La veille au soir, j’ai bien entendu fait une pasta party et comme j’ai eu la chance de dormir dans un lieu que je connais [chez ma meilleure amie et son copain], j’ai passé une assez bonne nuit, bien que toujours trop courte. J’ai avalé mon traditionnel bowlcake post-course [je me suis d’ailleurs dit que pour mon prochain gros objectif, il faudrait que je teste autre chose, histoire de voir si ça a une différence… Vous mangez quoi vous ?] et enfilé ma tenue que j’avais bien entendu préparé la veille 🙂

 

Si les 24 degrés étaient annoncés pour la journée, à 6h30, heure de mon départ de Meaux, la température était tout autre et j’étais bien heureuse d’avoir conservé mon « coupe-vent » que j’avais eu durant le semi-marathon de Paris l’année précédente [comment ça s’appelle en fait ce truc ?]. Bon, bien entendu, ça n’a pas loupé, je suis tombée sur un groupe de jeunes qui rentrait de soirée, qui n’ont pas compris que je me promène avec un « ponchon bleu turquoise » dans la rue et qui se sont un peu moqués. Mais à cet instant précis, je suis tellement fière de me lever si tôt pour aller accomplir quelque chose de grand, que ça ne m’empêche pas de garder le sourire. Bon, note à moi-même : « Amandine pense à partir légèrement plus tôt, car si tu n’avais pas couru durant tout le trajet qui te séparait de la gare, tu aurais raté ton train… » Transilien, métro X2, me voilà enfin face à l’Arc de Triomphe. Je suis censée rejoindre ma copinette Claire, pour prendre le départ avec elle, alors je sors mon téléphone pour lui envoyer un petit SMS… Oui, sauf que c’est ce jour précis où Bouygues a décidé de me couper ma ligne [ouais, en fait, il n’arrive jamais à faire des virements et je suis toujours obligée de finalement payer par carte bancaire, sauf que bah, j’avais pas vraiment la tête à ça et je n’y ai pas pensé. Sauf que bien sûr, j’ai pris le strict nécessaire sur moi et ma carte bancaire n’en fait pas partie. Alors, pas de ligne téléphonique]… Je décide donc de faire la queue pour passer une dernière fois aux toilettes avant de me rendre vers le SAS 4h. Il est 8h, je passerai la porte des toilettes à 9h… J’ai pris le temps de demander le téléphone à quelqu’un dans la file d’attente, j’ai réussi à avoir Claire au téléphone qui est déjà dans le SAS et que j’espère encore pouvoir retrouver [finalement, impossible de la retrouver…]. J’entre enfin dans mon SAS, il est 9h15, le départ de est dans 5 minutes. Oui enfin…vu mon envie d’aller ENCORE aux toilettes, il ne sera pas pour moi… Je m’arrête donc aux toilettes où il n’y a pas trop trop de monde, pour y aller rapidement et prendre le départ juste derrière. Et c’est à ce moment précis que je tombe sur la fameuse team Les Boiteux [enfin une partie], que l’on connaît tous sur Instagram ou sur SquadRunner pour les utilisateurs 🙂 C’est drôle parce qu’avec Fred, alias Eltazdusud, on s’était dit qu’on essayerait de se croiser avant le départ pour peut-être faire quelques kilomètres ensemble. Mais étant donné que ma ligne téléphonique est coupée, je n’ai pas pu lui envoyer le petit SMS prévu… Le hasard fait drôlement bien les choses 🙂 On passe donc tous une dernière fois aux toilettes et nous voilà partis pour prendre le départ, ensemble. 0-11 km : Je suis vraiment contente d’avoir croisé Les Boiteux, car je redoutais vraiment de faire tout le Marathon toute seule, psychologiquement ça aurait été très compliqué [même si…]. Nous décidons de partir sur un rythme de 5’40 »-5’45 », histoire de ne pas se cramer mais aussi de ne pas leur faire prendre de retard sur leur objectif de <4h15. On discute, on découvre la ville différemment [surtout Fred et moi pour tout vous dire], on danse même lorsqu’on croise des tam-tam, on profite de la foule… Bref, les 10 premiers kilomètres passent très vite. A partir du 10e, je sens un gros coup de moins bien [pourtant, je m’hydrate régulièrement et j’ai déjà mangé une barre Taracking]. Mais Fred et Mary sont assez attentifs, ils voient que je commence à souffrir [pas de douleurs physiques !] mais je n’arrive pas à définir mon problème… Après avoir « forcé » un peu, je leur dis de me laisser au 11ème, qu’ils continuent sans moi, je me dis que je suis peut-être en sur-régime et qu’il faut que je ralentisse…

12-19 km : Enfin, je me dis ça jusqu’à ce que je tape une galette sur le bord de la route… Forcée de m’arrêter quelques minutes, je reprends vite ma course avec la tête « cotonneuse » [dans le coton]. Du moins, jusqu’au 12ème kilomètre où je retape une belle galette. Je repars, je me réhydrate, je remange un peu car j’ai l’estomac en vrac avec tout ça, mais ça ne reste pas, je suis repartie pour un tour… Je comprends qu’il y a quelque chose qui cloche, et je commence à flipper sérieusement… Il me reste un peu moins de 30 km, mais en gros, je ne suis qu’au début du marathon, comment j’vais faire ? Je commence à chialer comme une madeleine, je n’ai pas envie que l’aventure s’arrête là… Sauf qu’en commençant à pleurer, je me coupe le souffle, je n’arrive tout bonnement plus à respirer et je commence à faire ce qui ressemble à une crise d’asthme. Sauf que je ne suis pas asthmatique. Un mec de la sécurité [ou je ne sais pas quoi en fait], sur le bord de la route, me demande si ça va et me dit qu’il ne faut pas que je me mette dans cet état, que des marathons il y en a chaque année et que le prochain arrêt de métro n’est pas très loin. Euhhhhh… « Non, non mais je vais continuer, je respire et je repars, je ne vais pas m’arrêter !« . Qu’est-ce qu’il croit lui ? Que je vais abandonner ? Jamais ! J’accumule un peu les arrêts avec des pseudos crises d’asthmes [j’apprendrais plus tard que j’ai juste paniqué…]. Je croise ma copine Lauréline sur le parcours, ça me fait du bien, mais clairement au 19ème kilomètre, je n’en peux plus, je suis totalement nauséeuse, et je n’arrive toujours pas à bien respirer. Je décide donc de m’arrêter à la Croix Rouge qui me prend vite en charge. Apparemment je suis toute blanche, je ne marche pas droit et j’ai la tension basse… Forcément, ils décident de me garder en observation et de surveiller mes « constantes » régulièrement. C’est à ce moment précis que j’arrête ma montre. Le Marathon, c’est fini pour moi. J’aurais dû écouter les bons conseils de Lauréline et m’acheter un putain de casquette… Je viens de me taper une insolation… La première de ma vie et il fallait qu’elle arrive le jour de mon premier marathon… Forcément… ce ne serait pas drôle autrement… Bref, je suis dépitée et je pleure… Je ne peux même pas appeler mes amis puisque je n’ai pas de réseau ^^ Vie de merde ! Du coup, je me pose, et j’ai le temps de réfléchir, de penser à la suite, à cette deuxième moitié du marathon, au mur que je n’aurais pas connu… Et c’est étrangement ça qui me fait me lever de mon « brancard ». Je ne veux pas repartir de Paris sans avoir connu le mur ! Je ne veux pas partir de Paris sans ma putain de médaille ! Les « pompiers » [comment on appelle les gens de la Croix Rouge ?] sont catégoriques : je ne peux pas repartir ! Sauf que ma décision est prise, alors je décide de jouer le tout pour le tout… Je leur dis : « Bon d’accord, je peux au moins aller dehors pour prendre l’air. Mes amis ne vont pas tarder, comme ça ils me verront devant la tente !« . Ils me disent que ce n’est pas raisonnable de retourner au soleil, mais puisque j’insiste, ils retournent à leurs occupations et me tournent le dos. Et hop…Je suis déjà repartie en plein milieu de la foule à reprendre le chemin de cette foutue ligne d’arrivée.

19-32 km : Je ne redémarre pas une session sur ma montre, mon téléphone est dans mon CamelBak, j’ai décidé de ne pas me prendre la tête. De toute façon, je me suis arrêtée 40-50mn à la Croix Rouge, à quoi bon me prendre la tête ? Si je le termine, ça sera très loin d’un pseudo chrono, alors je m’en fou. Tout ce que je veux c’est prendre mon putain de pieds sur ce deuxième semi, c’est d’aller jusqu’au bout et de franchir la ligne d’arrivée, fière comme jaja ! Et étrangement, ça va beaucoup mieux, ma tension est revenue à la normale et mon coeur ne bat plus la chamade comme si j’étais e train de jouer ma vie. Les 13 km qui suivent ma « reprise » se passent très bien, parce que je m’en fou totalement. Je profite du paysage, des gens que je croise qui sont de vraies bouffés d’oxygène, je n’hésite pas à discuter avec d’autres runners qui commencent à être dans le mal, pour les encourager à mon tour, à ma façon… Encore 10 km qui passent très vite [dans ma tête hein, car ils restent lents, mais en même temps, je ne peux pas faire mieux avec mon mal de crâne…] et que j’apprécie beaucoup. Quand je passe le 30ème, je me dis : « Bon, à partir de maintenant, c’est l’inconnu ma vieille » et déjà je suis fière de moi.

32-42km : C’est quand je me disais que peut-être mon arrêt m’aura permis de ne pas connaître le mur, que je me le prends en plein gueule. D’un coup, mais vraiment d’un seul, mes deux jambes commencent à être de plomb. Comment c’est possible qu’elles sont si lourdes et si douloureuses ? Quoi, mais c’est quoi ce tout petit point sur le devant de la cheville là ? On dirait qu’on est en train de m’enfoncer un stylo dans la cheville, c’est vif, c’est violent, je m’arrête net… Et dès lors, les arrêts sont fréquents. Et en regardant autour de moi, je me rends compte qu’on est tous dans le même état… Je vois même un mec au téléphone qui annonce qu’il va finir à pied, qu’il en peut plus et qu’il sera sûrement là dans 2h… Cette phrase me fait prendre conscience que je refuse de faire 10 km en marchant… C’est juste trop long ^^ Je ne veux pas passer encore 2h sous ce soleil de plomb, je veux m’allonger, j’en peux plus. Je me force à courir 500 m, je marche 200 m, mais c’est horrible, j’ai l’impression de marcher plus vite que je ne cours… Je n’ai pas ma montre mais je peux le dire : je n’ai jamais été aussi lente de toute ma vie. C’est interminable… Au 40ème km, je me dis, allez plus que 2 km… Ce sont les 2 km les plus longs de toute ma vie de runneuse… Où est cette fichue ligne d’arrivée ? C’est une blague… 2 km se sont transformés en 10 km dans ma tête… Quand j’aperçois le 41ème km, je suis catégorique, le dernier kilomètre, je le fais en courant entièrement, je veux finir ce marathon en courant ! Et là, je la vois, je suis totalement en transe, je suis mal, je suis heureuse, je chiale… Je suis tellement contente d’être face à cette belle ligne d’arrivée, la plus belle que je n’ai jamais franchie. Et la foule qui nous acclame tel des héros… J’ai l’impression qu’ils sont tous là uniquement pour moi, tellement je suis dans un autre monde…

Cette putain de ligne d’arrivée !

 

Vous voyez ce sourire ? C’est celui de la seule victoire que j’attendais aujourd’hui : celle de finir ce satané Marathon de Paris. Venir à bout de ces 42 kilomètres et des poussières n’a pas été quelque chose de facile. J’ai morflé pour tout vous dire. 5 crises de panique du 11e au 19e kilomètre avec impossibilité de respirer, 50 minutes passés chez les pompiers qui ont « diagnostiqué » une insolation et un mur qui est tombé à partir du 31e km… Mais malgré ça, j’ai été plus forte que je ne l’aurais cru. Malgré ça, j’ai décidé d’aller au bout, car c’était mon objectif, c’est ma victoire et j’en suis fière. On ne pourra pas me l’enlever. Aujourd’hui, en dehors d’Instagram, peu de personnes de mon entourage en sont capables, alors oui je suis fière d’inscrire mon nom parmi les « marathoniens ». J’ai galéré comme jamais mais j’ai jamais autant pris mon pied. Je n’ai pas dit mon dernier mot avec cette distance… Mais en attendant, j’vais aller fêter ça ! 🎉🍻✌🏼 Merci à tous pour vos petits mots, par SMS, sur Snap, en MP ou juste en commentaire 💋💋💋

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Enfin, je franchis la ligne d’arrivée, je m’arrête net, je suis au plus mal physiquement, je ne sens absolument plus mes jambes, j’ai le bas du dos en vrac, j’ai la tête en feuJe pleure, je vais récupérer ma médaille, je pleure encore. Je récupère mon tee-shirt, je pleure à nouveau. La pression redescend… Je l’ai fait putain !!!! Je me fous totalement de mon chrono [pour ceux que ça intéresse, car il y en a toujours qui ne sont là que pour ça, j’ai mis 5h50], j’ai couru 42 km et des poussières [et comme elles sont importantes ces poussières, ceux qui ont déjà couru un marathon ne diront pas le contraire]. Je l’ai fait, je suis marathonienne putain ! Je suis sur mon nuage, j’ai le smile autant que la nausée, mais je m’en fou… A ce moment, plus rien n’a d’importance… J’ai ma médaille, elle est belle, elle est grosse, elle est mienne. Je suis heureuse, point, et je me dis que personne ne pourra m’enlever ce bonheur. Personne ! Je rejoins mes amis, je leur fais un câlin tellement je suis contente. Je prends ma petite photo de finisher et je me change. Je n’avais pas vu mais j’ai les dessous de bras totalement brûlés à cause de mon CamelBak et de l’eau que je n’ai cessé de me verser sur la tête [pourtant j’avais blindé mes dessous de bras de crème anti-frottement, mais elle ne semble pas waterproof]. Mais vous savez quoi ? Je m’en fou aussi ! Je suis sur mon nuage, mais il me faut me dépêcher car j’ai un train à prendre dans une heure… Hop, hop, hop, j’essaye tant bien que mal d’accélerer le pas mais déjà les pas sont difficiles, sans vous parler des marches du métro… Un vrai pingoin. Et c’est drôle car même changé, même sans signe distinctif, il est très facile de reconnaître les marathoniens dans le métro… On marche tous comme des handicapés avec le smile, tellement on est content !

Bref, j’ai couru mon premier marathon ! Et vous savez quoi ? Malgré mes mésaventures, ça ne m’a pas du tout dégoûté de la course à pieds [j’avais vraiment peur de ne plus avoir envie de courir après le marathon] bien au contraire. J’ai redécouvert la course à pieds, je l’ai vécu différemment et j’ai déjà hâte de rechausser mes baskets [d’ailleurs, c’est bien ce que je compte faire aujourd’hui !]. Et j’ai aussi hâte…de faire mon prochain marathon 🙂 Je réfléchis à faire…le marathon d’Amsterdam en octobre prochain [je devais faire le semi marathon, mais pourquoi pas repartir sur la distance mythique et rekiffer sans insolation ?]. Affaire à suivre 🙂

Et vous, comment s’est passé votre premier marathon ? Pour ceux qui n’en ont jamais fait, même si l’euphorie des gens comme moi peuvent vous donner envie de vous inscrire à votre premier marathon, n’oubliez pas de bien réfléchir, ce n’est pas une décision anodine… Ne courez pas votre premier marathon parce que vous avez l’impression que tout le monde sur les réseaux sociaux courent un marathon. D’ailleurs à ce sujet, je vous invite à relire mon article : Courir son premier marathon à 25 ans, c’est pas automatique !

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  1. Bravo pour ton marathon mais pour info : ça s’appelle une INSOLATION et tu aurais pu y rester en repartant… Heureusement ça n’est pas arrivé mais note toi le ds un coin de la tete pour plus tard ….
    ds tous les cas félicitations !!

  2. Un mot pour résumer ton article = authenticité !
    C’est tellement rassurant et bizarrement motivant de lire quelqu’un qui dit clairement « j’ai couru un marathon, j’en ai clairement chié mais je l’ai fait jusqu’au bout » et ne pas nous faire croire comme dans certains magazines « sportifs » que c’est tout cool un marathon en fait …
    Félicitations pour cette étape, tu as franchement mérité ta médaille !
    Et je pense que tu as très bien fait de ne pas te soucier du chrono, parfois il faut mettre les statistiques de côté et juste profiter du moment
    J’espère, moi aussi, un jour courir un marathon et en être aussi fière que toi !

  3. You did it !!!
    Bravo car les conditions devaient vraiment être difficiles (juste à vous encourager sur le bord j’avais chaud…)
    Rien que de t’être inscrite, y être allée et l’avoir couru c’est une belle performance ; peu importe le résultat !

  4. Bravo miss en tout cas!! Alors pour ma part, je ne suis pas encore à m’inscrire à un marathon! Mais j’ai eu l’envie l’année dernière de me lancer le défi de faire un semi en 2017. Donc le 7 mai, je devrais prendre la ligne de départ. Mais comme toi pendant ma prépa, je me blesse (fin mars), tendinite des ischio-jambiers (avec un micro-calcification qui m’embête énormément 🙁 ). Après avoir discuter avec un médecin du sport, je dois arrêter complètement mon entrainement… Mais il est confiant, et me dit que je peux aller à ma course. J’ai un long entrainement derrière mais ça me fait flipper un peu.
    Je suis contente de voir que je suis pas la seule à qui ça arrive, mais qui ne veut rien lâcher.

    Je te suis sur instagram, et je franchement je suis contente pour toi d’avoir fini ce marathon malgré tes soucis qui tu as dû gérer pendant la course.

  5. Récit super émouvant super beau parcours et tellement fière de toi grande soeur. Motiver pour le marathon d’Amsterdam et tu va bien le kiffer je serai la à la ligne d’arrivée pour tacclamer ( après mon semi ).
    Encore felicitation tu es passer par pas mal de phase mais comme tu dit tu la fait ton marathon et surtout sans préparation et c’est admirable tu reste mon exemple ❤

  6. Bravo miss !
    C’est pas le temps qui est important, mais de le faire ! Tu es marathonienne et tout le monde ne peut pas en dire autant !!!
    Mon 1er c’était difficile aussi, j’ai pris le mur en pleine face mais tu as raison, les 195 derniers mètres ne sont pas anecdotiques 😀

    J’ai couru le marathon d’Amsterdam l’année dernière, vraiment bien ! Super bien organisé, des ravito a gogo et complets, y a de quoi faire un super temps !!!! Je ferais le semi cette année mais je te le conseille si tu veux repartir sur le semi !
    Et en octobre il fait moins chaud ^^

  7. Wouah ! Félicitation pour ta persévérance ! J’espère au moins que tu vas pouvoir reprendre la course sans blessure. 🙂
    Quel courage en tout cas de t’être présentée sur la ligne de départ sans préparation !
    En tout cas je n’ai pas trouvé ton récit si long que ça, il se lit facilement et c’est essentiel de lire chaque partie selon moi. 🙂

  8. Chapeau !
    Tu as été une battante, ton mental ne t’as pas lâché et tu peux être la plus fière !
    Un grand bravo, j’aurai aimé te croiser et te féliciter de vive voix !

    Amsterdam c’est chouette ! J’ai très mal vécu le semi, mais le marathon a été très très bien vécu par les copains ! Il est plutôt roulant et l’arrivée dans le stade est juste DINGUE !

    GOGOGOOOOOO !

    Des bisous ! 🙂

  9. Magnifique récit! Et tellement sincère… Bravo, tu as assuré, tu peux être fière de toi! Je t’ai découvert il y a peu, et c’est une belle découverte.
    Bonne reprise, encore bravo…

  10. Ton récit me fait à la fois mal au coeur et me donne le sourire. Tu as souffert mais tu restes Amandine, cette warrior qui défie les pompiers et dit « nonononon je repaaaars lala » (je me reconnais tellement là-dedans tu sais… pas bien mais entre nous, on se comprend hein aha). Tu as un vécu un sacré premier marathon, du bon et du mauvais mais surtout, tu dois retenir que tu es forte, courageuse et que bon diou, tu es épatante <3 (même si j'ai toujours mal au coeur en lisant ton récit aha).

    <3

  11. très beau résumé, 1er marathon dans le dure, la prochaine fois tu pourras mieux kiffé j’espère, perso je fais mon premier dans moins d’un mois, je flippe de pas y arriver, seul but arrivée au bout (sans le vouloir une envie de chrono mais ca n’est pas le plus important), bravo a toi, beaucoup de courage, une vrai warrior, médaille plus que mérité!

  12. Bravo !!! Moi j’aurai surement abandonnée avant !!
    Mon premier (et dernier marathon), c’était le marathon de new york en nov 2014. Aucune préparation, 2 semis 2 mois avant et quelques sorties de 10km le mois d’avant, pas de régime spécifique, ma vie normale : métro, boulot, dodo, marmots (2 petits de 2 ans et 4 ans à l’époque). On part à NYC avec des potes, on était 2 filles à ne pas le faire, on sympathise avec le staff THOMAS COOK FRANCE et là une fille me dit qu’elle ne peut pas le faire car blessée et qu’elle me donne son dossard si je le veux !!! Et là, et bien oui je le prends !!! 4 jours pour me mettre en condition, 4 jours pendant lesquels on a visité la ville, marché, mangé à l’américaine…… ZERO PREPARATION !!! Les garçons, eux étaient à fond, ils étaient là pour faire un temps !!! Moi pour participer et éventuellement le terminer !! JOUR J : levée à 4h30 : plat de pâtes, tartines, thé…. Transfert à Staten Island (je crois !!), attente pendant quasi 4 heures dans le froid et le vent (4 degrès !!). Puis le départ, les garçons me lachent direct, mon but étant de le finir, je décide de partir très lentement, 6″30/km, l’ambiance est indescriptible !! Et c’est elle qui va me porter tout le long, je grignote régulièrement tout le long, me force à boire une gorgée d’eau à chaque point, je passe le 10km les doigts dans le nez, les 20 aussi, les 30 aussi, et là je me dis, c’est bon tu vas le faire, alors je ralentis encore un peu pour être sûre d’être bien jusqu’à la fin, et je le fais, je passe la ligne d’arrivée en pleurs !!! Moi la non-sportive qui cours de temps en temps et c’est tout rien d’autre, j’ai fini mon 1er marathon en 4h37 min !!!!!!! 2 ans et demi après je ne m’en suis toujours pas remise !!! Une fierté pour la vie !! J’espère en refaire un autre, un jour…….

  13. Punaise ma poulette je savais pas que tu avais AUTANT souffert ! (D’ailleurs j’avais cru que tu n’avais « que » mal aux genoux quand je t’ai croisé)

    Tu l’as hyper méritée ta médaille ma belle !
    J’espère que ton prochain se passera mieux en tout cas 🙂

    Je suis trop fière de toi en tout cas 🙂 t’es une vraie championne !

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