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By Mandise
Running | Sport

Course à pieds : ce jour où je suis devenue lièvre

6 juillet 2017

Le lièvre et la tortue. Le plus rapide et le plus lent. Je vous arrête tout de suite, il n’est pas question de la fable de La Fontaine ici, mais tout simplement du rôle de lièvre en course à pieds, c’est-à-dire d’aider un autre coureur à atteindre son objectif. Il se trouve que ces deux derniers mois, j’ai eu l’occasion d’enfiler ma veste de « lièvre » à deux reprises, pour la même personne : ma petite soeur.

S’étant mise à la course à pieds récemment [un an bientôt ceci dit], elle s’est inscrite à ses premières courses officielles cette année [elle a fait son premier 5 km officiel en septembre dernier], à savoir son premier 10 km pour La Route du Louvre et son premier semi-marathon à Phalempin et m’a demandé si je voulais bien l’accompagner. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai répondu positivement à cette demande, quel plaisir de pouvoir accompagner ma petite soeur durant ses premières courses officielles.

Pourquoi courir avec un lièvre ?


On ne va pas se le cacher, courir à deux c’est rassurant, surtout quand la personne qui vous accompagner vers votre objectif et quelqu’un qui court plus vite que vous et qui a l’habitude de la distance que vous visez. Le lièvre c’est ce celui qui vous dira de ralentir quand vous êtes pris dans votre élan alors que vous n’êtes qu’au début de la course. C’est celui qui vous permettra de maintenir un rythme et de ne pas être emporter par la foule. C’est celui qui vous traînera jusqu’à la ligne d’arrivée coûte que coûte, qui vous entraînera et qui vous criera [gentiment] dessus pour que vous ne lâchiez rien si près de votre but. C’est aussi celui qui vous tiendra votre veste que vous n’auriez pas dû mettre, qui vous tiendra votre eau, qui ira aux ravitos à votre place et vous permettra ainsi d’éviter la cohue pour attraper un bout de banane ou un sucre. C’est celui qui vous immortalisera votre course en photo et en vidéo, et que vous aurez envie d’égorger parce que vous n’avez pas le temps pour cela. Grâce à votre lièvre, vous n’aurez à penser à rien d’autres, qu’à suivre ses indications.

La difficulté d’être lièvre

Mais attention, être lièvre n’est pas quelque chose d’anodin et ce n’est surtout pas sans difficultés, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Quand on s’engage à faire le lièvre pour quelqu’un, on prend la responsabilité de remplir notre rôle, alors il faut être sûr de soi avant de s’engager.

La première chose à vérifier avant de dire oui à une personne qui vous demande de faire le lièvre pour elle, c’est que vous êtes vous-même capable de réaliser la distance à venir dans le temps visé. N’allez pas faire le lièvre pour une personne qui souhaite faire un 10 km en 45 minutes, si vous ne l’avez vous-même jamais fait, ou si vous ne l’avez réalisé qu’une ou deux fois et qu’il s’agissait de votre record personnel. Il faut que le temps visé soit habituel pour vous, qu’il ne s’agisse pas d’une performance… Vous ne pouvez pas faire performer votre compagnon de route et performer à la fois. Quand on est lièvre, on est censé partir en « promenade de santé« , si je peux me permettre ce terme, autrement on prend le risque de ne pas amener notre « poussin » jusqu’à son objectif.

La seconde chose à savoir c’est le maintien d’un rythme. Il ne faut pas que vous partiez à votre allure habituelle qui n’est pas du tout celle de votre « poussin » et il faut que vous arriviez, dès la ligne de départ, à prendre un rythme sur lequel la personne que vous accompagnez se sentira à l’aise et ne puisera pas toute son énergie d’entrée. Et, encore une fois, contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas toujours facile de courir plus lentement qu’à l’accoutumé et je sais que j’ai longtemps eu moi-même du mal à me forcer à courir doucement lors de séances d’entraînement en endurance fondamentale. Ce que je vous conseille, que j’ai moi-même fait, c’est de faire des séances d’entraînements de lièvre. Si vous habitez dans le coin où la course visée se déroule, partez en repérage une, deux, trois fois si besoin, en courant à l’allure visée par votre « poussin ». Cela vous permettra de repérer les points de difficulté, où la personne que vous allez accompagnée, risque de perdre en vitesse et donc de savoir à quel moment il faudra ralentir, mais surtout relancer [mais pas trop vite non plus] pour être sûr que le chrono visé soit atteint. Si vous n’habitez pas dans le coin de la course, faites quelques courses où vous vous forcez à réaliser la distance dans le temps souhaité.

Enfin, il faut clairement que vous soyez en forme parce que la personne qui est en face de vous et pleine de stress et de trouille et pense clairement que son objectif ne sera pas atteint [on arrive rarement sûr de soi sur des courses à objectifs, encore plus quand c’est une grande première, comme dans le cas de ma soeur]. Alors elle s’attend à ce que vous ayez la patate, que vous n’ayez aucun souci de votre côté, que vous soyez sûr de vous et que vous la rassuriez. Rien que ça ! Il faut donc que vous ayez assez d’énergie : il s’agit donc de ne pas faire la fête la veille, de bien manger la veille comme si on préparait sa propre course et son propre objectif ou encore de bien dormir. Il s’agit également de ne pas être blessé. Oui, oui, parce que amener quelqu’un au bout de 21 km avec un genou en moins, même si c’est en-deça de votre allure, ce n’est pas forcément une bonne idée. Si elle voit que vous boitez, que vous avez mal, ça ne va vraiment pas la rassurer, et surtout ce n’est clairement pas une idée maline d’aller courir alors que vous blesser, ne soyez pas bête [je l’ai moi-même été à mes débuts, et je l’ai amèrement regretté quand j’ai dû trainer une pubalgie pendant près d’un an…sans parler des autres blessures qui en ont découlé…].

Et alors comment ça s’est passé ? 

Sur le 10 km, ma soeur visé un chrono de -1h et je l’ai amené sur la ligne d’arrivée en 56’06 ». Ce n’était pas forcément facile pour elle car le parcours était très valloné, le départ était assez bouché donc il a fallu que je lui apprenne la bonne technique pour dépasser, et il a fallu que je la fasse accélérer vers le 4-5e kilomètre, pour rattraper le temps perdu dans les bouchons. Elle a voulu s’arrêter pour enlever sa veste, mais je lui est dit qu’elle pouvait très bien le faire en courant et que je lui tiendrai sa veste pour que cela ne la gêne pas, et j’ai été contente de voir qu’elle écoutait mes conseils. J’ai dû lui donner de la force pour qu’elle ne s’arrête pas dans le dernier kilomètre en pente et nous avons même taper un sprint final. Bref, c’était une belle expérience, elle a cru vomir à l’arrivée, mais le chrono est plus que là, alors elle était fière, et j’étais fière d’elle [et un peu de moi].


Sur le semi-marathon de Phalempin
, c’était une autre histoire. Elle est arrivée avec une douleur à la cheville et, surtout sans entraînement [je vous le déconseille formellement] mais comme je m’étais engagée auprès d’elle, je ne me suis pas permise de lui dire qu’elle ne devrait pas être sur la ligne de départ et j’ai été là pour elle. Son objectif sur cette course était de la terminer [et pour un premier semi-marathon, 2 mois après son premier 10 km, c’est pas mal déjà, non ?]. Du coup, forcément, côté rythme, on s’en foutait un peu, si ce n’est qu’il ne fallait pas aller trop vite sur la première partie du parcours, parce qu’au delà de 13 km, c’était le véritable inconnu pour elle. Je peux vous dire que ça n’a pas du tout été simple pour elle, c’était même assez dur, elle m’a engueulé de l’encourager à ne pas s’arrêter, elle m’a engueulé de la forcer à avancer, à manger et à boire. Je m’en suis pris plein la tête mais avec le sourire. Je sais ce que c’est de souffrir sur une course et je déteste moi-même quand quelqu’un essaye de me pousser au-delà de mes limites alors que je suis au bout de ma vie… Mais elle n’a rien lâché et a atteint cette fichue ligne d’arrivée en 2h26’30 » [temps réel]. Voir le résumé complet. Encore une fois, j’ai été très fière d’elle, autant qu’elle l’était d’elle-même, et ces mots à l’arrivée m’ont vraiment émue.Alors pour le moment, je peux dire que mon rôle de lièvre s’est bien passé et j’espère que cela sera de même dans mes prochaines expériences de lièvre. Mais je pense que ce ne sera pas pour tout de suite, car durant les prochains mois, je vais me concentrer sur mes propres objectifs [de ouf, parait-il] à savoir : mon half Ironman [dont je vous prévois très bientôt un article] et mon deuxième marathon [la revanche].

Petit extrait vidéo de mon rôle de lièvre au cours du semi-marathon de Phalempin

Et vous, vous avez déjà fait le lièvre pour quelqu’un ? Comment ça s’est passé pour vous ? N’hésitez pas à me dire si j’oublie des petites choses, je les ajouterai dans l’article si besoin. Il n’y a jamais trop de conseils pour être un bon lièvre !

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  1. Ton texte resume le tout. Tu a étais un lièvre en or et il n’y a pas meilleure lièvre que sa propre soeur.
    Ce sont des moments magique et inoubliable pour moi, merci à toi pour ta disponibilité, ta patience, tes attentions, ta rage de me faire atteindre un objectifs, de tout tes conseils, merci tout simplement d’avoir étais la ❤
    tes une Warrior grande soeur

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