Sport | Triathlon

Comment une quiche est devenue nageuse…

22 août 2016

Puisque j’ai décidé de m’attaquer au triathlon, j’ai forcément dû passer par la case natation… Sauf qu’il y a encore quelques mois, j’étais une vraie quiche peureuse qui flottait plus qu’elle ne nageait. Pourquoi ? Tout bêtement parce que j’ai failli me noyer il y a 6 ans, en tentant de ramener un enfant qui ne savait pas nager sur le bord de la piscine. J’ai voulu jouer mon maître nageur, et depuis, la natation est ma hantise. J’aime aller farnienter à la piscine de l’hôtel en vacances, j’adore sauter dans les vagues à la plage mais nager… Je ne l’avais pas fait depuis 5 ans.

Et puis l’année dernière, suite à ma blessure à l’adducteur qui m’a empêché de courir, j’ai été « forcé » de me mettre à la natation pour « compenser » et me « dépenser ». Sauf que sincèrement, j’étais peut-être rapide [je pense que c’est dans ma nature, je suis une rapide], mais je ressortais de la piscine totalement éprouvée et…sans avoir mis la tête dans l’eau. Oui, jusqu’à il y a deux mois, je n’osais pas mettre la tête dans l’eau, pour la simple et bonne raison que je ne savais plus « respirer » comme il faut à la piscine. Habituée à la respiration « made in running », je n’y arrivais pas. Et plutôt que d’essayer, je préférais nager le crawl en dandinant ma tête de droite à gauche. Ça marchait, alors pourquoi en changer ?

Et finalement, il y a eu ma décision de participer à mon premier triathlon, mon challenge 2016. Et il faut que je nage BIEN pour cela. Si j’ai décidé de me lancer dans une préparation au triathlon, c’est notamment pour la partie nage. Je sais que j’avais besoin de me motiver pour aller à la piscine, et que c’est uniquement en ayant un « planning » avec des séances cadrées et obligatoires que j’aurais suivi ce que je devais faire. Et ça n’a pas manqué, je n’ai raté aucune séance à la piscine. Pire, j’y ai pris goût. A tel point où je sais qu’une fois le triathlon passé, je garderai ma petite habitude d’aller à la piscine une à deux fois par semaine, car ce n’est plus une torture.

Travailler ses défauts

Les premières séances ont forcément été compliquées mais elles m’ont également permis de mettre le doigt sur mes défauts de nage :

1 – Il faut mettre la tête dans l’eau.
2 – Du coup, il faut gérer sa respiration.
3 – Pour gérer cela, il me faut être zen.
4 – Pour être zen, il faut que je sois sûre de terminer ma course.
5 – Pour terminer ma course, il faut que j’apprenne à gérer mon effort.
6 – Pour apprendre à gérer mon effort, il faut que j’apprenne les bonnes techniques de nage.

Voici mes 6 points faibles. 6 points faibles que j’ai décidé de travailler au fur et à mesure des séances et pas forcément dans cet ordre-là.
DSC_1689
Tout d’abord, j’ai souhaité me concentrer sur la possibilité de faire mes 800m [la distance de nage que je vais parcourir pour mon triathlon] sans pause. Car quand je serais en plein milieu du lac, en face du château de Chantilly, je n’aurais pas le bord de la piscine pour me reposer 2 mintues et le chrono en pause [bon, autant vous dire qu’au début de ma préparation, je ne m’attardais pas sur le chrono, je voulais réussir à le faire, c’est tout]. Pour cela, j’ai fait comme à mes débuts de course à pieds, j’y suis allée de façon progressive, en format « fractionné ».

Selon la durée de ma séance, 1000 – 1500 – 2000 ou 2500 m, mes séances ressemblaient à cela (en gros) :

– 10 X 100 m – 1’ de pause entre chaque.
– 2 X (5 X 200 m – 1’ de pause entre chaque) – 2’ de pause entre les séries.
– 5 X 400 m – 1’ de pause entre chaque.
– 2 X 800 m – 2’ de pause entre chaque.
– 2 X 1000 m – 2’ de pause entre chaque.

Ce sont des exemples de séances, mais tout ça pour vous dire qu’il faut y aller progressivement, il ne faut pas avoir peur de la pause entre chaque 100, 200, 500 m, car finalement, au fur et à mesure vous allez nager davantage sans pause. Vous travaillez ici votre endurance, votre capacité à éliminer les pauses de vos séances. 

À noter : pour vos séances où vous intégrez des parties « nage non stop », il est vraiment important de bien choisir votre créneau horaire pour aller à la piscine. Le mieux est que vous ayez une ligne vide ou quasiment vide qui ne vous oblige pas à vous arrêter parce qu’il y a trop de monde. Personnellement, très tôt le matin ou la dernière heure de la journée m’ont permis de travailler cela, sans problème.

Les autres séances étaient davantage centrées sur le travail d’une partie de mon corps ; soit le haut du corps, soit le bas du corps, soit…la respiration [bah quoi la bouche c’est une partie du corps non ?]. Pour travailler les bras, il est intéressant d’investir dans un pull-boy et des plaquettes. Pour travailler les jambes, dans une planche et des palmes. N’hésitez pas à vous renseigner à l’accueil de votre piscine, il est possible qu’ils en prêtent [pour ma part, c’était en location, alors j’ai préféré investir et c’est franchement pas très cher donc je n’ai pas hésité une seconde].

Voici 2 exemples de séances « bras » et jambes » :

Pour les bras
– 300 m nage libre [nage de votre choix, sans matériel], intensité facile
– 2 minutes de repos
– 200 m avec pull boy
– 1 minute de repos
– 400 m avec pull boy et plaquettes
– 1 minute de repos
– 600 m avec pull boy et plaquettes
– 1 minute de repos
– 400 m avec pull boy et plaquettes
– 1 minute de repos
– 200 m avec pull boy
– 2 minutes de repos
– 300 m nage livre, intensité facile

Pour les jambes 
– 5 minutes nage libre [nage de votre choix, sans matériel], intensité facile
– 2 minutes de repos
– 4 minutes avec palmes
– 1 minute de repos
– 4 minutes avec palmes et planches
– 1 minute de repos
– 4 minutes avec palmes et planche
– 1 minute de repos
– 4 minutes avec palmes
– 1 minute de repos
– 5 minutes avec planche
– 2 minutes de repos
– 5 minutes nage libre, intensité facile

A noter : L’important dans cette séance est de se concentrer sur le battement des jambes : il faut que le geste parte bien de la cuisse et non du genou et qu’il soit rapide mais pas intense. Il ne faut pas que vous essayez de faire un  grand geste dans le but de donner un gros coup d’accélération, mais plutôt d’en donner plusieurs petits rapides. Autrement, vous pourriez vous blesser et surtout…vous vous épuisez inutilement !

Une respiration forcée

Enfin, dernier GROS point faible… Ma respiration… Je pense que jusqu’à il n’y a pas longtemps, je n’arrivais pas à ne pas sortir de la piscine totalement essoufflée… Je ne comprenais pas pourquoi, car quand je regardais les nageurs autour de moi [ceux qui nagent non stop hein], ils n’avaient pas leur séance marquée sur le visage, comme ça pouvait être le cas pour moi. Quand je nageais, j’avais l’impression que je courrais, tellement je respirais fort finalement. Et puis, j’ai décidé de faire une séance, sans chrono, sans autre objectif que de me concentrer à 1000 % sur la respiration. Et je suis repartie, là aussi, des bases. Dans un premier temps, j’ai nagé en inspirant/expirant hors de l’eau, c’est-à-dire avec la tête hors de l’eau. Puis, j’ai commencé à inspirer hors de l’eau et expirer la bouche dans l’eau. Puis, une fois que le geste était naturel, j’ai mis ma tête dans l’eau. Et patatra, j’ai bu la tasse. Mais qu’est-ce que je faisais mal au juste ? Eh bien, j’essayais tout bonnement de respirer comme je respire en course à pieds, soit inspirer avec le nez et expirer avec la bouche. Sauf qu’en natation, c’est totalement le contraire que l’on doit faire pour avoir une bonne respiration, qui ne nous use pas et au contraire, nous permet de nager longtemps, sans encombre. Ainsi, j’ai donc appris qu’il fallait inspirer hors de l’eau avec la bouche et expirer dans l’eau avec le nez… Tout simplement… Et depuis que je fais ça… Je sais nager la tête dans l’eau en respirant, sans être essoufflé et sans pause [je dirai même que je ressors zen de mes séances quand je ne me concentre que sur la respiration, comme pour la méditation, c’est dingue].

Ainsi, j’ai appris les techniques les unes à part des autres, pour finir par les mêler ensemble et aujourd’hui.. je sais bien nager 🙂 Et surtout, je me suis rendue compte qu’il n’y avait rien de bien sorcier finalement. Il faut juste prendre le temps de se concentrer sur ses défauts, les travailler avec acharnement en cherchant où est-ce que ça pêche et ne jamais rien lâcher, même si c’est compliqué et qu’il y a des obstacles. Encore une fois, ma détermination m’a montré que je pouvais aller au-delà de mes limites et je suis vraiment fière de moi [oui, oui, ça m’arrive aussi, c’est bon d’être fier de soi], parce que j’ai été au-delà d’une peur et je lui ai dégommé la gueule [oups].

Et, avant de vous laisser tranquille, je n’en ai pas encore parler, mais pour avoir des séances optimales, il est vraiment important que vous ayez un bon matos de base, c’est-à-dire un maillot de bain qui vous laisse libre de mouvements, un bonnet de bain qui va rester en place tout le long de votre séance et SURTOUT une bonne paire de lunettes de natation. Au début de mes séances, j’avais des lunettes premier prix de Decathlon, et vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai dû m’arrêter parce que l’eau y rentrer. Novice en la matière, je me disais que c’était normal. Et puis, j’ai acheté une autre paire de lunettes de natation chez Décathlon, mais cette fois des Speedo, et depuis…je ne touche pas à mes lunettes de toute ma séance. L’eau n’y rentre pas, elle serre comme il faut – ni trop, ni pas assez – et la vision est parfaite sans buée qui se forme. C’est donc également votre matériel qui vous permettra d’évoluer.

J’espère que cet article aura répondu aux nombreuses questions que j’ai eu au sujet de mon évolution sur la natation mais surtout qu’il pourra vous aider tout simplement 🙂 Et surtout, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire afin de me donner votre avis. Si vous avez d’autres questions, pareillement, posez-les moi et je tâcherai d’y répondre au mieux. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Only registered users can comment.

  1. Belle évolution, tu tiens le bon bout pour ton triathlon !
    Pour l’expiration aquatique, en effet le début de l’expir’ se fait avec le nez, et la toute fin (ce qui accompagne de façon « tonique » la fin de ton coup de bras quand tu es en crawl) se fait avec nez + bouche. De cette façon tu videras vraiment complètement ton air sous l’eau, ce qui te permet de déclencher une inspiration automatique dès que tu sors la tête de l’eau. Ca évite ainsi d’accumuler un essoufflement au fil des longueurs 🙂

  2. Au château de Chantilly tu n auras pas le bord de la piscine mais la sécurité en canoë 🙂 mes enfants et mon mari en font partis 😉 .
    Sinon je te souhaite très bon courage pour ton triathlon

  3. Ce n’est pas écolo mais j’imprime ton article pour l’avoir toujours à portée de main et m’en inspirer pour mes prochaines séances. Bon triathlon 😉

  4. Le triathlon c’est mon objectif 2ème semestre 2017
    Le 1er semestre c’est le marathon
    Je suis très satisfaite de ton article qui m’éclaire énormément car la natation est le point qui me fait flipper le plus
    Merci à toi pour ton retour d’expérience et bonne chance pour le Tri de Chantilly

  5. Merci…… Grâce à vous, j’ai enfin trouvé un programme pour progresser à la piscine! J’aime bien nager mais je suis constamment épuisée après quelques mètres. Je vais donc tenter votre méthode!

    1. Oh mais je t’en prie !!! J’espère vraiment que ça va marcher pour toi, comme pour moi alors ! Donne-moi des nouvelles alors et surtout tutoie-moi 🙂

  6. Ce petit article tombe à pic :-). Runneuse, j’ai aussi envie de me mettre à la natation pour varier les plaisirs, et pourquoi pas envisager un triathlon, « un de ces jours » … Mais idem que pour toi, je gère la nage du chien mais le vrai beau crawl euuh …
    Donc merci pour ces conseils précieux !! Et mer** pour samedi !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.