Humeur

Toujours trop…

29 juillet 2016

Trop grosse. Trop mince. Trop maigre. Trop musclée. Trop flasque. Trop…Trop…Toujours trop… À vos yeux, ou pire, aux yeux des autres, il y aura toujours un « trop » qui traîne. Par inquiétude, par mégarde, par jalousie ou juste par méchanceté (hélas), nous ne serons jamais assez bien aux yeux de tous. Il y en aura toujours quelqu’un pour vous dire que la personne que vous êtes devenue n’est pas aussi bien que la personne que vous étiez hier, malgré vos efforts pour [justement] vous améliorer.

Quand j’ai décidé de perdre du poids, il y a 2 ans maintenant, c’était pour moi, suite à un constat que je m’étais fait à moi-même. En suivant ma détermination et en sachant bien la personne à laquelle je souhaitais ressembler, j’ai réussi à perdre le poids que je souhaitais (14kg) en à peine 8 mois. Je me sentais vraiment bien dans ma peau…

Puis, autour de moi, il y a eu du bruit au sujet de ma perte de poids : « Elle est malade », « Elle ne va pas bien », « Elle déprime ». Les bruits de couloirs m’ont attribué une maladie : l’anorexie, la boulimie, la privation… Tout ce que vous voudrez à vrai dire, mais ma perte de poids n’était pas une bonne chose. Si j’avais réussi à perdre autant de poids en « si peu de temps », c’est parce que je ne mangeais plus, je me privais, je vomissais ma nourriture. Oui, enfin…selon les autres hein. Parce qu’en vérité, je n’ai jamais vomi ma nourriture (sauf à cause d’une cuite haha !) et que j’ai perdu ce poids par détermination, j’avais envie de changer l’idée que j’avais de moi et c’est pour cette raison que j’y suis arrivée. Je n’étais pas malade.

Sauf que voilà, à force de me taper des réflexions, plus blessantes les unes que les autres : « Tu es squelettique », « Tu es trop maigre », « Planche à pain sans formes », pour ne citer que celles-ci,  je me suis dis qu’il fallait que je me muscle un petit peu pour reprendre des formes. J’ai donc commencé à faire du renforcement musculaire, puis (comme je n’avais toujours pas de formes), j’ai commencé à faire de la musculation. Et voilà, que des formes j’en ai repris. J’étais contente, j’avais de beaux bras fermes mais pas trop gros, j’avais des abdos qui commençaient à exister, j’avais des jambes bien fuselées. Mais j’étais toujours « trop mince » pour certains.

Cette méchanceté m’a alors fait tomber dans un nouveau cercle vicieux que je ne connaissais pas encore alors… Manger mes émotions. Dès que je passais une mauvaise journée, je mangeais sucré ou gras. Dès que j’étais très contente, je voulais fêter ça avec du gras ou du sucré. Quand j’étais triste, en colère, c’était pareil. Bref, ce cercle vicieux m’a fait reprendre du poids au-dessus des muscles. Résultats des courses en mars, la balance affichait clairement +10 kg par rapport à l’année précédente. Oui, 10 kg qui ne se voyait peut-être pas autant, mais qui étaient bien présents. Et les « gentils » surnoms de « gros cul » sont revenus.

Mais suite à une succession de décisions, de remises en question de diverses choses, j’ai réussi à m’en sortir et à faire repartir ses vilains kilos qui n’avaient rien à faire là. Aujourd’hui, je prends toujours énormément de plaisir à faire du sport, mon corps ne me plaît pas à 100 % et je pense qu’il ne me plaira jamais totalement (éternelle insatisfaite que je suis) mais je sais que je ne veux pas d’un corps qu’on me commande. Je veux le corps que je souhaite et que je peux avoir, pas celui qu’on me demande d’avoir. D’ailleurs, je ne suis pas la seule à penser et dire haut et fort cela : je vous conseille de lire cet article au sujet d’une photo qu’a publié Ashley Graham sur les réseaux sociaux.

Bien entendu, bien que je sois enfin en accord avec moi-même, cela n’empêche pas les mauvaises langues et les méchancetés mal placées (les gens ne se rendent même pas compte qu’ils sont méchants quand ils vous disent les choses). J’ai encore droit à : « T’es plus carré que mon mec », « T’as grossi ! », « Tu n’es plus féminine », « Tu fais trop de sport, t’es trop musclé, c’est pas beau ». Oui, je vous assure, ce type de remarques, moi aussi j’y ai droit. Elles font beaucoup de mal, mais quand c’est comme ça, je ne montre rien et je cache ma profonde tristesse derrière un sourire de politesse. En fait, je pense que c’est ce type de méchancetés qui m’a renforcé et qui me pousse à atteindre mes objectifs et à dépasser mes limites. Je ne suis plus la même, ça je suis d’accord, mais cela n’est pas que physiquement. Avant ma principale priorité était de savoir quand est-ce qu’on allait faire la fête et se bourrer la gueule, je mangeais gras sur gras avec un peu de sucré entre les deux. Je dormais peu, je ne faisais pas un pet de sport. Alors, franchement, je ne reviendrais en arrière pour rien au monde, ce n’est plus moi et j’en suis putain de fière (oups, je suis vulgaire, sorry).

Tout ça pour dire qu’il faut vivre pour vous et pour vous seul. Pas pour les autres, ni même vos proches ! Ce n’est pas le corps que vos proches veulent que vous ayez qui vous conviendra, c’est le corps que vous voulez, le corps dans lequel vous vous sentirez bien, dans lequel vous vous sentirez vous-même. Il n’est pas toujours facile de faire face à la critique, mais il faut vous dire qu’il y aura toujours plus de personnes pour vous dire ce qui ne va pas chez vous, que pour vous dire ce qui va. Alors, soyez vous-même et ne prêtez pas attention à ce que les autres peuvent bien penser de votre corps ou de la personne que vous êtes. Très souvent, c’est de la jalousie… Et cette envie, cette jalousie, se transforme parfois en méchanceté… Beaucoup ne comprenant pas forcément comment vous faites pour y arriver, alors qu’eux, ils ont essayé plein de fois et qu’ils sont généralement « mieux que vous » (selon eux). Les critiques que l’on vous jette à la face est une façon pour ces personnes de se rassurer sur elles-même. Et puis… ne sommes-nous déjà pas assez critique envers nous-même, pour y ajouter les critiques des autres ? Aimez-vous, vous êtes beau/belle ! C’est tout ce que j’avais à dire pour aujourd’hui 🙂

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  1. Oh, je connais aussi. En 2012, j’ai « abandonné » (je ne dis plus « perdu », je n’ai pas envie de les retrouver !!!) 40 kg et ce, en 1 an. J’ai pourtant 69 ans maintenant. D’accord, ce n’était pas toujours évident pour moi et les mêmes réflexions qui te sont allées trop au coeur : trop ceci, pas assez cela, il FAUT que … ; mais je me suis tenue à mon objectif (encore maintenant 4 ans après). Je pense que mon âge m’a appris encore + à me faire confiance et surtout à laisser dire. Par contre, durant cette année là, je n’avais pas fait de sport (ce qui n’est plus le cas maintenant, même léger).
    Je te mets une phrase d’Oscar Wide que j’apprécie beaucoup : « S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui durera toute la vie »

  2. Ah la jalousie!! J’ai eu les mêmes critiques suite à ma perte de poids: « Trop maigre ». J’ai commencé à me muscler: « tes muscles sont trop dessinés c’est pas beau sur une femme ». J’ai augmenté mes séances de sport parce que j’aime ça: « Ah mais c’est pas bon de faire autant de sport ». Je suis tombée enceinte et j’ai continué le sport: » ah mais t’es folle, et ton bébé, tu n’y penses pas »….Bref, les gens ont TOUJOURS un truc à dire. Suffit juste de leur dire « merde » et ils comprennent (ou pas). Je vis ma vie comme je veux, point!
    Tu es comme tu es, et tu peux être fière de toi. Je te suis sur IG et tu es un de mes comptes favoris alors fuck les rageux 😉
    Des bisous

  3. Je me reconnais dans tout ce que tu dis. J’ai eu exactement la même expérience. Sauf que tout comme toi maintenant je vis pour moi. Je me conviens. Tanpis pour les autres. Je ne changerai pas pour les autres. J’aime mon rythme de vie. Trop sportif comme tu dis. Mais bon. Ça me convient pour l’instant. En tout cas je te respecte. Car je te suis depuis plus d’un an et tu m’a beaucoup aidé:)

  4. Hello,
    Ton témoignage me touche au plus profond de moi.
    En surpoids je n’ai pas encore trouvé la détermination pour gagner la bataille contre le reflet ds mon miroir.
    Je suis (malheureusement) très sensible au regard des autres et je suis aussi avide d ‘émotions.
    C’est d ailleurs mes émotions qui guident un peu ma vie et surtout mon alimentation.
    Je « mange mes émotions  » j adore cette expression qui résume tout, si bien.

    Bravo pour ton parcours et ta ténacité ( j avoue être de celles qui ont pensé en lisant ton blog : comment elle fait? C’est bon, elle en fait peut-être trop là !), à travers les qq lignes publiées on ne devine pas toujours la souffrance qui se cache derrière.

    Bravo et merci

  5. C’est tellement vrai… J’ai fait les frais de la jalousie mais pas à cause de mon corps à l’époque, juste parce que je suis organisée… J’ai cotoyé des jalouses mais je les ai virées de ma vie… Il a fallu du temps pour les virer pour diverses raisons (je vais pas raconter ma life sinon faudra la journée et plus ) J’en ai entendu des choses mais je sais qui je suis et je ne me remets plus en question à chaque critique car personne ne peut plaire à tout le monde. Heureusement que je les cotoye plus car avec -10kg et le sport dans ma vie qu’aurais-je entendu… Je sais que ce n’étaient pas des amies car mes amies sont là pour m’encourager et jamais me rabaisser. Aujourdhui, je vis encore pour moi et j’avance vers le but que je me suis fixée même si c’est à mon rythme..
    Moi, aussi, j’ai connu le cercle vicieux de la nourriture et des émotions (c’est ce qui m’a fait grossir et aussi cette jalousie/méchanceté même si on en prend conscience que plus tard, pas trop tard pour moi). Je m’arrête c’est déjà assez long. Bisous et continue sur ta route. Tu es une motivation

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